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Les
débuts de la photographie au Japon
En cette fin de XXème siècle, l’étude des débuts
de la photographie japonaise peut être comparée à ce qu’était la
connaissance de l’estampe il y a un siècle parmi les collectionneurs
occidentaux. En effet, l’introduction des techniques photographiques au Japon
a été précoce et y a connu un développement particulier grâce à la présence
occidentale. Pour tout voyageur de la fin du XIXème siècle , le passage par
les boutiques d’art japonais, et par le studio du photographe, état
indispensable. Après une initiation par quelques enseignants hollandais, la
photographie japonaise fut d’abord représentée par quelques Européens,
comme Beato, Stillfried et Farsari. Mais bien vite des photographes japonais
s’emparèrent d’un marché en forte expansion. Malgré quelques réticences
passagères devant ce nouveau mode de reproduction de l’image, les Japonais
s’habituèrent rapidement à cette nouvelle technologie, ils utilisèrent
quelques maîtres de l’estampe pour colorier les clichés, et on ne peut
manquer de noter encore aujourd’hui que le Japon reste le pays où l’on
fabrique le plus d’appareils de photographie au monde.
Il y a une dizaine d’années, bon nombre de photographes japonais n’étaient
encore qu’à peine connus par leurs noms. La mise en valeur des collections
photographiques japonaises en Occident a permis désormais une connaissance plus
approfondie des divers photographes et de leurs studios. On voit apparaître
actuellement des publications spécialisées en langue anglaise ou japonaise, et
même les premiers C.D. Un film centré sur la photographie japonaise (Felice...
Felice...) est également en cours de production.
En unissant les efforts des chercheurs japonais et ceux des pays
occidentaux, notre connaissance de l’histoire de la photographie japonaise va
encore beaucoup progresser dans les années à venir.
Les débuts de
la photographie au Japon
Dés l’arrivée du Commodore Perry au Japon en 1854, des cadeaux furent
amenés : on y remarquait une locomotive à vapeur en réduction et deux
appareils photographiques. Toutefois, peu avant l’arrivée des Américains,
les Japonais furent à même de s’initier à la photographie par l’intermédiaire
des Hollandais qui séjournaient à Deshima. En effet, après la présentation
à l’académie Française de l’invention de la photographie de Daguerre en
1839, une traduction de son ouvrage eut lieu la même année en Hollande. Il
semble que le premier appareil photographique fut commandé en 1850 par
Takashima Sakubei, le maire de Nagasaki. Ce sont surtout les enseignants
hollandais de Deshima qui propagèrent les connaissances théoriques et
chimiques indispensables à la pratique de la photographie. En particulier, les
docteurs Jonkher Pompe van Meerdervoort et A.F. Bauduin, et le chimiste Koenraad
Wolter Gratama furent à l’origine des premiers clichés réalisés au Japon.
Ils formèrent aussi les premiers photographes japonais, comme Ueno Hikoma et
Uchida Kuichi. D’autres photographes japonais s’initièrent à la
photographie, soit à Yokohama comme Shimooka Renjô avec des Américains, soit
à Hakodate comme Yokoyama Matsuzaburô. Enfin, d’autres photographes japonais
tirent leurs connaissances de la pratique photographique grâce à leur
apprentissage avec les premiers photographes occidentaux (c’est le cas de
Kusakabe Kimbei avec Beato et Stillfried).
Les premiers
photographes occidentaux au Japon
Après les premiers photographes Hollandais à
Deshima, un Français , P.ROSSIER a également réalisé quelques photos au
Japon et fera une publication scientifique sur son voyage en Asie à son retour
à Paris. Trois photographes occidentaux vont jouer un rôle majeur dans le développement
des studios photographiques au Japon : il s’agit de BEATO, STILLFRIED et
FARSARI. Tous les trois quitteront le Japon, laissant peu à peu leurs commerces
entre les mains des Japonais.
Les premiers photographes Japonais
A l’école des Occidentaux, il se développe
rapidement une prospère activité commerciale orientée vers les touristes,
mais aussi vers la population locale en proposant des clichés aux familles
japonaises. A travers toute l’Europe, et les Etats-Unis, on retrouve encore de
nos jours les albums de photos qu’ils ont réalisés à la fin du siècle
dernier.
Les albums de
photos japonais
Il constituent une source de documentation très précieuse sur la vie
japonaise passée. Curieusement, ils sont peu nombreux au Japon car c’étaient
essentiellement des touristes européens et américains qui rapportaient ces précieux
albums à la suite de leurs voyages au Japon.
Dr.
Joseph DUBOIS
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